Concours externe de sous-officier de gendarmerie
L’entretien avec le jury
L’épreuve la plus lourde du concours : coefficient 7, comme la composition. Voici ce qu’en dit le texte officiel, ce que le jury évalue, et une méthode pour s’y entraîner. Aucune méthode ne garantit l’admission : elle aide à montrer ce que vous êtes, pas à jouer un rôle.
Ce que dit le texte
D’après l’annexe I de l’arrêté du 27 avril 2011 modifié, dans sa version en vigueur depuis le 1er janvier 2025 :
- 10 minutes de préparation, 20 minutes d’entretien, coefficient 7.
- Un sujet d’ordre général tiré au sort, portant principalement sur les grandes questions d’actualité, ainsi que sur vos motivations. Le jury a toute latitude pour élargir la discussion.
- Vous vous présentez avec un curriculum vitae.
- Une note inférieure à 6 sur 20 est éliminatoire.
Le jury apprécie votre aptitude à l’état de sous-officier au regard de six critères, nommés par le texte : la personnalité, la motivation, la culture générale, les facultés d’expression et de raisonnement, la vivacité d’esprit et l’équilibre émotionnel. Les inventaires de personnalité passés pendant le concours ne sont pas des épreuves notées : ils préparent l’entretien avec un psychologue.
Les 10 minutes de préparation
- 1 minute : lire le sujet deux fois et souligner les mots clés.
- 2 minutes : définir les mots, trouver la question que pose le sujet.
- 5 minutes : deux parties, deux arguments chacune, un exemple précis et daté par argument.
- 2 minutes : une introduction (une accroche, la question, le plan) et une conclusion (une réponse nuancée, un lien avec le métier).
N’écrivez que des mots clés : on ne lit pas devant le jury. Exemple de sujet : « Les réseaux sociaux rendent-ils l’information plus fiable ou moins fiable ? » Question posée : à qui fait-on confiance quand tout le monde peut publier ? I. Un accès plus rapide et plus large à l’information. II. Des rumeurs qui circulent plus vite que les vérifications. Conclusion : l’outil n’est ni fiable ni trompeur en soi, c’est l’usage qui compte ; pour un gendarme, savoir vérifier une information avant d’agir.
Questions expliquées
« Présentez-vous. »
Ce que le jury cherche : Le jury a votre CV sous les yeux : il ne veut pas l’entendre lu, il veut savoir ce que vous en avez tiré et comment vous vous exprimez.
Construire la réponse : Trois temps, deux minutes au plus : qui vous êtes aujourd’hui ; deux expériences choisies (études, emploi, sport, bénévolat) et ce qu’elles vous ont appris ; pourquoi vous êtes devant ce jury.
Une réponse commentée
« J’ai 22 ans, je travaille depuis deux ans comme préparateur de commandes. J’ai été capitaine de mon équipe de handball : j’y ai appris à tenir un groupe quand le match tourne mal. Le bénévolat aux secours d’un club de course m’a fait découvrir le travail avec les gendarmes lors d’une épreuve. C’est ce qui m’amène ici. »
À éviter : Réciter son CV ligne par ligne ; parler cinq minutes ; se présenter uniquement par ses qualités (« je suis motivé, sérieux, dynamique ») sans un seul fait.
Un exemple de construction, pas un texte à apprendre : le jury reconnaît les réponses récitées.
« Pourquoi la gendarmerie, et pas la police ? »
Ce que le jury cherche : Le jury vérifie que vous connaissez l’institution : une force armée, au statut militaire, relevant du ministère de l’Intérieur, présente surtout dans les zones rurales et périurbaines, avec une vie en caserne et une mobilité.
Construire la réponse : Partir de ce qui vous attire concrètement (le statut militaire, le contact avec un territoire, la polyvalence des missions), puis montrer que vous en acceptez les contraintes.
Une réponse commentée
« Le statut militaire me convient : la discipline, la disponibilité, la vie en caserne avec sa brigade. J’ai grandi dans une commune rurale où la brigade est le premier service public qu’on appelle. Je sais que cela implique d’être muté loin de chez moi, et je l’ai mesuré avec ma famille. »
À éviter : Dénigrer la police ; répondre « parce que la gendarmerie recrute » ; ignorer la mobilité ou le statut militaire.
Un exemple de construction, pas un texte à apprendre : le jury reconnaît les réponses récitées.
« Un ami vous demande de faire disparaître sa contravention. »
Ce que le jury cherche : Une question de déontologie : le jury observe si vous tenez une règle sans être cassant, et si vous savez l’expliquer.
Construire la réponse : Refuser clairement, dire pourquoi (l’égalité devant la loi, la confiance de la population, le code de déontologie de la police et de la gendarmerie), proposer ce qui est possible (contester par la voie normale).
Une réponse commentée
« Je refuse, même pour un ami. Si je le faisais, je trahirais l’égalité de tous devant la loi, et la confiance qu’on accorde à l’uniforme. Je lui expliquerais comment contester la contravention s’il pense qu’elle est injuste. »
À éviter : Hésiter longtemps ; répondre « ça dépend de la somme » ; faire la morale au jury.
Un exemple de construction, pas un texte à apprendre : le jury reconnaît les réponses récitées.
« Votre supérieur vous donne un ordre que vous jugez illégal. »
Ce que le jury cherche : Le jury teste le sens de la discipline et des limites : un militaire obéit, mais la loi interdit d’exécuter un ordre manifestement illégal.
Construire la réponse : Distinguer l’ordre qui déplaît (on l’exécute, on peut en discuter ensuite par la voie hiérarchique) de l’ordre manifestement illégal (on ne l’exécute pas, on en rend compte).
Une réponse commentée
« Si l’ordre me déplaît, je l’exécute et j’en parle ensuite à mon chef. S’il est manifestement illégal, je ne l’exécute pas, je le dis calmement et j’en rends compte à l’échelon supérieur. »
À éviter : Répondre « j’obéis toujours » ; ou à l’inverse « je refuse dès que je ne suis pas d’accord ».
Un exemple de construction, pas un texte à apprendre : le jury reconnaît les réponses récitées.
« Votre exemple date de quand ? Êtes-vous sûr de ce chiffre ? »
Ce que le jury cherche : Une relance de vérification, qui mesure l’honnêteté et la culture générale réelle.
Construire la réponse : Donner la date si on la connaît ; sinon, le dire et garder l’ordre de grandeur. Corriger soi-même une erreur vaut mieux que la défendre.
Une réponse commentée
« Je pense que c’était au printemps dernier, je ne suis pas certain du mois. Le chiffre exact, je ne l’ai plus en tête : je sais seulement qu’il était en hausse. »
À éviter : Inventer une date ou un chiffre ; se braquer.
Un exemple de construction, pas un texte à apprendre : le jury reconnaît les réponses récitées.
La grille d’entraînement
Pour s’entraîner à deux : une personne joue le jury, l’autre passe l’épreuve. La grille reprend les six critères du texte, avec le temps et le CV ; elle propose douze sujets inventés pour l’entraînement et les relances à prévoir.
La grille et les douze sujets PDF, 2 pages, 96 Ko
Dans l’application
La préparation SOG de l’application compte 180 questions sur l’entretien, en six chapitres : se présenter à partir du CV, la motivation et la connaissance du métier, les institutions et les valeurs, l’exposé d’actualité, suivre l’actualité sur six mois, et les questions qui déstabilisent. Elles entraînent les connaissances et le raisonnement ; l’exposé à voix haute, lui, se travaille devant quelqu’un, avec la grille. La préparation au concours.
Les sources
Arrêté du 27 avril 2011 modifié, annexe I (Légifrance) · la page officielle du recrutement de la gendarmerie. Relu le 3 octobre 2026. Seules les publications de l’administration font foi ; Cinq Marches est un éditeur privé et indépendant.